Il y a près de deux siècles, Labiche signe un court vaudeville où il met en scène les péripéties de deux fêtards, Lenglumé et Mistingue, que tout oppose : condition sociale, manière d’être, façon de parler... Pourtant, une nuit de beuverie - dont aucun des deux ne garde le moindre souvenir - les a rapprochés au point de les retrouver tous deux dans le lit de Mistingue.
Que s’est-il passé cette nuit-là ?
La question pourrait sembler anodine, si un faisceau d’indices ne les amenait pas à croire que, pendant leur virée nocturne, ils ont ensemble commis le meurtre d’une femme. Alors que les deux hommes sont rongés par le doute angoissant face à leur potentielle culpabilité, Mme Lenglumé, incapable de comprendre l’agitation de son mari, lui ordonne de reprendre une vie
normale, à commencer par le baptême du fils de son cousin Potard. Potard, qui vient justement réclamer une petite somme d’argent pour éponger les dettes suscitées par la grossesse de sa femme.
Entre quiproquos, mensonges, coïncidences troublantes et désir de sauver les apparences plutôt que la vérité, ce texte joue avec les faux-semblants, poussant les personnages à des actes de plus en plus cruels, jusqu’à ébranler, le temps d’une journée, ce petit monde refermé sur lui-même.
Quatre comédien·nes s’emparent donc de ce texte.
Mais comment incarner — et déconstruire — la bourgeoisie de Labiche ? Que faire de ces personnages égoïstes, coincé·es dans leurs rapports de domination, obsédé·es par leur image et indifférent·es au monde, plus avides de plaisirs immédiats que de pensée progressiste ?
Et si ces personnages de 200 ans nos aîné·es nous ressemblaient plus qu’on ne se l’imagine ?
Labiche met en place une mécanique théâtrale d’une précision implacable, une machine infernale et hilarante dont nous nous emparerons pour interroger, à travers répétition et représentation, le double, la dissemblance, le vrai et le faux, l’image que l’on se donne et cet aveuglement qui nous fait préférer les signes au réel.
En jouant avec la mise en abyme et en mettant en scène le théâtre lui-même, nous chercherons à rendre au public la truculence et l’humour typiques du vaudeville du XIXe siècle, tout en exploitant les failles et les incohérences de notre époque.
Mise en scène Guillemette Laurent
Avec Yoann Blanc, Jan Hammenecker, Catherine Salée, Claire Rappin
Costumes En cours
Scénographie Nicolas Mouzet-Tagawa, Christine Grégoire
Eclairage En cours
Régie générale Nicolas Sanchez
Création Visuel Bertien Van Manen
Production déléguée BLOOM Project - Stéphanie Barboteau / Ilona Gatard
Co-production La Coop asbl et Shelter Prod, Persona, Mars - Mons arts de la scène, Théâtre Jean Vilar (en cours)
Avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge

